You are currently viewing … du parvis de la maison de quartier Malraux

 

Le quartier des prés est dans l’air du temps : majoritairement piéton. Les immeubles y sont noyés au milieu des arbres. La nature est très présente. Certains en redemandent, puisque deux résidences disposent d’un composteur collectif avec l’appui de la communauté d’agglomération. En plein dans les dogmes du « zéro déchet » et du « zéro artificialisation nette », donc.

Heureusement, la municipalité veille ! Face à cette hégémonie du vert, la place André Malraux toute neuve fait de la résistance.

« La place [André Malraux], bien plus belle, accueille davantage d’espaces verts » lit-on dans l’éditorial de l’Ignymontain de novembre 2021. Pour le moment, il faut beaucoup d’imagination pour trouver les « espaces verts ». Les arbres ont disparu (« vieux et malades », ils ont été arrachés). La place est devenue « parvis ». Elle ressemble à une grande plage de béton jaune doré, qui serpente autour de quelques creux emplis de terre brune. Des arbres tout neufs y cohabitent avec les grilles d’évacuation des eaux pluviales et les poubelles.

Une zone plantée

Ce choix d’urbanisation présente de nombreuses facettes positives.

On peut imaginer que les eaux de pluie recueillies alimentent le canal prévu de l’autre côté du quartier dans le projet de l’hypercentre ; ainsi elles ne seront pas perdues, contrairement à ce qui se serait passé si on avait opté pour un sol plus perméable qui les aurait absorbées – au risque de nourrir la nappe phréatique.

Plantation et grille d'égoûts dans un espace de plantation

 

 

Il présente également de belles opportunités pour l’animation du quartier. Par exemple, les bardes pourront entonner Maxime le Forestier le jour de la fête de la musique (« comme un arbre dans la ville, pour pousser je me débats »…). Par beau temps, la maison de quartier pourra proposer des ateliers bronzette, l’espace ne manque pas pour étaler les serviettes, ou plutôt les tapis de sol, le béton, c’est un peu dur. L’avantage, c’est qu’on repartira sans sable dans les chaussures. Autre avantage non négligeable, la proximité du petit centre commercial : sans perdre de vue ses affaires, on pourra se procurer la crème solaire protection maximale (attention à la réverbération par les sols clairs), les boissons pour se réhydrater régulièrement ; peut-être pourrons-nous profiter de la présence d’un marchand forain qui proposera des chapeaux, des éventails, des ventilateurs – solaires, bien évidemment, restons dans l’air du temps. On peut aussi imaginer que des hauts-parleurs nous bercent du bruit des vagues et du cri des mouettes.



Les automobilistes ne sont pas en reste, puisque l’absence d’arbre sur le parking leur garantit que leur véhicule ne sera pas maculé par les malencontreuses déjections des oiseaux.

De plus, le magnifique goudron noir absorbe le rayonnement solaire le jour pour le restituer la nuit. On peut donc escompter que les nuits d’hiver succédant à une journée ensoleillée seront plus douces.

Les esprits chagrins feront peut-être la remarque que, vingt places de stationnement pour les bicyclettes (dix côté commerce et autant côté maison de quartier), c’est bien peu pour une ville qui met en avant son plan vélo. Mais, il est vrai qu’aux prés, on se déplace à pied, non ?

Un des deux stationnements vélos de la place

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