Question au conseil municipal du 08/02/2021 posée par Caroline Scao

Alors que l’ensemble des spectacles sont annulés dans toute la France, le monde du spectacle souffre et nombre d’intervenants de cette filière se relèveront difficilement de cette crise. La mairie a fait le choix du report des spectacles quand c’était possible ou du remboursement. Le TSQY, par exemple, propose d’autres solutions comme le don de ses des billets à des publics issus du champ social ou à des bénéficiaires d’associations caritatives. Par ailleurs, il diffuse sur son site internet des spectacles enregistrés dans ses murs ou dans d’autres salles. Comment la municipalité, ayant fait le choix d’un deuxième adjoint chargé de la culture, envisage-t-elle de maintenir un accès à la culture pour tous ses habitants malgré la crise sanitaire et économique, par exemple en soutenant les artistes par la mise à disposition de salles ou de moyens de communication pour la réalisation d’évènements adaptés ?

Réponse de Monsieur Cachin, adjoint à la culture

Les choix de la Municipalité en termes de politique culturelle intègrent la diffusion du spectacle vivant au sein d’un ensemble plus vaste de services, dont l’enseignement artistique, l’accompagnement associatif et l’exploitation cinématographique. Contrairement au Théâtre de la Scène Nationale de Saint Quentin, dont les modes de fonctionnement sont par vocation différents, en termes de financement notamment puisque subventionné par l’État, la Région, et le Département, mais également en termes de missions, puisqu’exclusivement consacrées à la création contemporaine du spectacle vivant, les équilibres qu’il nous faut continuer de rechercher au niveau municipal, depuis le mois de mars 2020 et qui s’inscrivent d’ores et déjà dans une préoccupation à moyen et long terme, se doivent de répondre aux enjeux globaux de l’ensemble de la collectivité et perdurer dans des conditions particulièrement difficiles à l’écoute tant des usagers que de nos partenaires, en l’occurrence les professionnels de la production et de la diffusion culturelle.
Dans ce cadre, nous avons fait le choix dès l’ouverture de saison de ne mettre à disposition la billetterie non sur l’ensemble de la saison mais par trimestre, afin de faciliter les procédures de remboursement dans les meilleures conditions possibles.
Il nous appartient prioritairement aujourd’hui, selon les éléments d’analyse et l’expérience dont nous disposons, de réfléchir aux conditions de mise en oeuvre de la saison culturelle à venir. Par ailleurs, tant la salle Jacques Brel que la Ferme du Manet ne sont des lieux exclusivement dédiés au spectacle, ce qui rend difficile le travail de résidence et de création que peut pour sa part déployer la Scène Nationale. Il faut cependant se souvenir que c’est de cette complémentarité même des politiques culturelles du territoire qu’est issue la diversité de l’offre, élaborée et concertée depuis de nombreuses
années. En termes de continuité de service, la Direction de la Culture s’emploie aujourd’hui prioritairement à conserver le lien avec ses usagers.
Sont ainsi développés :

  • Une large concertation auprès du milieu associatif afin de définir ensemble les conditions d’un développement des partenariats dans le cadre du mandat en cours,
  • La poursuite par tous les moyens disponibles du suivi pédagogique des quelques 1 300 élèves de l’enseignement artistique, pour laquelle il faut souligner l’implication remarquable des enseignants,
  • Un contact quotidien et permanent avec les structures partenaires du spectacle dans la perspective de limiter autant que possible, et à notre niveau, les conséquences néfastes de la fermeture des théâtres, en convenant notamment des solutions de report les plus adaptées dans le cadre de la saison 2021-2022

L’accès à la Culture pour tous reste donc une priorité des services, qui à l’instar de la saison passée développent d’ores et déjà des alternatives aux projets traditionnels empêchés (blogs d’expositions virtuelles au CDA, enregistrements de contes musicaux à l’attention des scolaires et initiation à l’illustration musicale en collaboration avec l’Agence Nationale du Court Métrage pour le PMT, accueil des compagnies associatives professionnelles en ateliers de travail….
Le soutien financier au secteur privé de la production culturelle dans les circonstances de la crise sanitaire que nous traversons ne saurait cependant devenir une prérogative municipale. Nous avons sollicité par courrier le Ministère de la Culture pour connaitre les modalités de compensation financières qui pourraient être entreprises en soutien des diffuseurs municipaux, qui représentent en France les 2/3 de l’activité du spectacle vivant.
Ces modalités demeurent à ce jour en dehors de celles mises en œuvre dans le cadre global des fonds de soutien pour le moment déployé.

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